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fresque XVI ornements
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fresque XVI Poete eschille
fresque XVI - Chasse
fresque XVI motifs

Historique de Gudmont

L’origine du village de Gudmont est sans doute fort ancienne.

Un premier document est d’ailleurs signalé dans les rennes des archives de la Haute-Marne. En effet en 863 la Silva GUNDUS MONS, super fluvium est un lieu-dit à vocation agricole et religieuse. Au tout début il semblerait qu’il s’agissait d’un monastère Carolingien de la chaîne monastique de St. Colomban (moine Irlandais) venu s’installer sur les terres de la propriété.

Un deuxième document signalé dans le dictionnaire topographique de la Haute-Marne, le Roserot, nous apprend qu’en 1115 le cartulaire de Gorde (P 257) mentionne la CAPELLA GUIMONTIS appartenant au premier seigneur GUIMONDIS- MONS. C’est à ce moment-là c'est-à-dire au premier quart du XIIe siècle que les ateliers Bourguignons édifient dans les chapelles et les demeures attenantes les fameuses voutes en palmiers avec un pilier central.

La seigneurie de Gudmont

Les archives ont été très détériorées pendant la dernière guerre et nous trouvons les premiers documents concernant directement le château à partir du 23 novembre 1546 date à laquelle Guillaume de Thélin, conseiller et secrétaire ordinaire du Duc de Guise en fit l’acquisition par voie d’échange avec Henry de Lenoncourt, baron de Vignory qui y jouissait d’un certain nombre de droits féodaux qui avaient fait d’ailleurs l’objet de contestation de la part des « manants » du village qui donnèrent lieu à un arrêt du Parlement de Paris le 17 aout 1541.

La seigneurie de Gudmont dépendait à cette époque directement du Roy « en sa grosse tour de Chaumont ». Une petite part de la seigneurie appartenait  aussi  au prieur du Vanault le Chastel du diocèse de Chalons qui se trouvait ainsi co-seigneur avec le baron de Vignory.

Les seigneurs de Vignory ne résidèrent jamais à Gudmont mais s’y rendaient pour la chasse disposant ainsi d’un droit de logement et de nourriture pour leur équipage appelé droit «de gite à chien ».

1546 : Guillaume de Thélin originaire d’Auvergne acquit  la seigneurie en 1546 et occupait les fonctions de chancelier des ducs de Lorraine pour leur baronnie de Mercoeur. Il se rapprocha de son prince Claude de Lorraine en achetant des terres dans la région et c’est sans doute à lui que l’on doit le début de la construction du château actuel.

Guillaume de Thélin s’appliqua à réunir dans ses mains tous les attributs de la seigneurie et racheta les droits du prieur du Vanault. Le prieuré du Vanault était le centre administratif de l’abbaye de Gorze, Gorze étant à coté de Metz en Lorraine. Il  redéfinit les droits d’usage car les habitants avaient perdu leurs anciens titres lors de la dernière invasion de Charles de Habsbourg dit « Charles Quint » (1500 -1558) qui les avait obligés à s’enfuir. Charles Quint  avait hérité entre autre de la Franche-Comté à la mort de son père et était né à Gand aux Pays-Bas, il était Empereur d’Allemagne, roi d’Espagne et de Sicile… Ainsi Thélin le 25 aout 1556 reconnait aux habitants l’existence en leur faveur de droits traditionnels d’usage sur la rivière et les bois.

Guillaume de Thélin était présent à Joinville lors du décès de Claude de Lorraine le duc de Guise le 12 avril 1550.
Le duc se sentant de plus en plus faible, on récita des prières à son attention à Joinville et à Paris, et sur son ordre de grandes aumônes furent distribuées aux pauvres. Le 10 on lui apporta les reliques de la vraie croix et le confiteor fut récité. Guillaume de Thélin, son secrétaire qui voyait la fin approcher dit alors à Claude Guilliaud : «Nous perdons Monsieur mon maitre »,  puis s’adressant à François de Lorraine : « nous perdons Monseigneur votre père ». Le chirurgien Jean Fisseux éleva alors la tête du malade et lui donna la croix à baiser. Claude expira presque aussitôt « en jetant un souffle modéré et tempéré ». Au même moment François de Lorraine tomba évanoui.

Guillaume de Thélin quant à lui mourut fin 1570 début 1571 et la seigneurie resta un peu plus de cent ans dans la descendance du défunt.

Le fils Antoine 1er acheva vraisemblablement la partie Renaissance du château et en particulier les fresques qui portent la date de 1578, puis Antoine II,  puis sa veuve Antoinette Petit qui épousa en 2ème noces Charles de Mignot, puis Gabriel de Thélin fils d’ d’Antoine II qui poursuivi par ses créanciers fut contraint de se défaire de la Seigneurie et du Château.

Ce fut Vidal de Bonneval qui le 16 aout 1676 acheta le château pour la somme de 30.500 livres. C’est à ce moment que le château de Gudmont passe aux mains des ancêtres de la famille Aved de Magnac.

Ce nouvel acquéreur était originaire de Langeac en Auvergne et était Capitaine de dragons en garnison à Montier-en-Der où il s’était d’ailleurs marié. Il mourut sans enfant en 1698.

Il légua la seigneurie à sa femme née Gillette Perrin des Lys qui mourut peu de temps après en 1702. Parmi de nombreux legs pieux il fit édifier à l’église de Gudmont en 1700 par Etienne Bancelin sculpteur de Joinville le sépulcre de  l’ensevelissement du Christ. Mme de Bonneval laissa comme héritiers Marguerite et François de Martinet les enfants de son fils (qu’elle avait eu d’un premier mariage) qui étaient alors mineurs.  

A sa majorité François de Martinet reprit à lui seul le château et épousa Marguerite Thalbart de Lorbigny  originaire de Langres qui mourut sans enfant en 1746. Deux ans plus tard il se remarie avec sa cousine Marguerite Perrin des Almons; elle avait 25 ans et lui 65. Sa femme très attachée à la maison poussa son mari à effectuer d’importants travaux et à moderniser le château c’est sans doute à cette époque que fut remaniée la façade noble. Une inscription sur une poutre de la chapelle rappelle aussi en 1753 la reconstruction de cette dernière. François de Martinet mourut le 7 mai 1770 léguant le château à sa femme comme il était prévu sur son contrat de mariage.

François de Martinet avait eu des procès à soutenir contre la communauté des habitants au sujet des droits féodaux , du four banal, et des usages forestiers qui se solda par une victoire de M. de Martinet devant le parlement de Paris.
Cependant les évènements de la réunion des Etats Généraux et de la prise de la Bastille inquiètent Madame de Martinet alors veuve, celle-ci annonce le 30 juillet 1789 le renoncement à ses droits seigneuriaux.   

Le lendemain le 31 juillet une délégation des habitants de Gudmont accompagnée de 2 notaires de Vignory requis par ces derniers se présente au château et exige une renonciation formelle ainsi que la remise des titres sur lesquels ces droits étaient fondés. Les choses se passèrent sans heurts et les habitants dirent eux-mêmes que leur bon déroulement contrastait avec ce qui avait pu se passer ailleurs, comme à Poissons (commune voisine), par exemple.

Mme de Martinet réussit à conserver ses titres mais dut conserver sa renonciation sous la réserve qu’elle soit acceptée par la Roi.

Le 1er aout Mme de Martinet réagit en rédigeant à Joinville une protestation contre la violence qui lui avait été faite mais ceci fut classé sans suite avec l’abandon des droits seigneuriaux.

Les habitants de Gudmont firent modifier la décision rendue par le parlement de Paris en faveur de Martinet par une sentence le 5 frimaire de l’an II et c’est ainsi qu’après la mort de Mme de Martinet en 1806 ses descendants durent donner les bois au canton par un jugement au tribunal de Wassy le 12 décembre 1816.

L’ancienne Dame de Gudmont conserva le château et le domaine jusqu'à sa mort. Elle fit héritières ses 3 nièces dont l’une, Marie Louise Constance Doms d’Hautecourt, hérita à titre particulier du château.

Son mariage eut lieu dans la chapelle le 17 mars 1779 et à sa mort en 1820 le château passa dans les mains de ses filles Mme de Villers puis Mme de Preigne dont la fille épousa Charles Jules Aved de Magnac.